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N°68 – Je me souviens

Concernant le Clémenceau, vous aurez remarqué la fin des travaux concernant les surfaces recevant du public. Nous pourrons donc cet hiver, profiter d’une véranda chauffée, mais qui saura aussi vous faire profiter du moindre rayon de soleil automnal et hivernal.

Vous remarquerez aussi quelques nouvelles têtes, qui vont avoir le challenge de remplacer quelques « anciens » dont le départ vers d’autres projets était programmés. Que Claire, Stéphane et Titus sachent que nous serons toujours très heureux de les revoir au Clémenceau. Qu’ils reçoivent tous nos remerciements pour leur travail et leur professionnalisme reconnu… Qu’ils sachent qu’ils feront des acteurs importants de l’histoire du Clem.

Nous leurs souhaitons bon vent et réussite pour leurs projets.

…des Dimanches de mon enfance lorsqu’une fois installé autour de la table, il te semblait pousser des racines afin de rendre éternel l’instant.

L’œuf mayo existait pleinement, la côte de bœuf persillée à souhait épaisse  comme un bar édredon, la frite est dorée comme une jeune fille au soleil, le Champigny circulait de table en table, les discussions allaient bon train, on était bien, on s’oubliait….

Tout semblait s’arrêter, la bienveillance régnait. Il fallait être charpenté pour résister aux déferlements d’entrées, pour affronter les viandes garnies à foison, pour justifier d’un reste d’appétit face au plateau de fromages quasi national et pour asseoir enfin sa faim avec crèmes et gâteaux.

Les repas duraient… il y avait à manger. «Tu reprendras bien du gratin un p’tit, t’es en pleine croissance, à ton âge il faut manger » me disait ma grand-mère, enroulée dans son seyant tablier fleuri, après m’avoir déjà servi 2 fois…

Manger avait quelque chose de noble, un véritable privilège de costaud. Pour être bien bâti, il faut avoir bon appétit, et l’appétit croyez-moi, tout le monde l’avait…

L’odeur du café fort, et des retours d’escargots sonnaient la fin des agapes, nous restions la, béats de bonheur, avachis sur la table. Marquée comme un champ de bataille victorieux la fausse remplie de souvenirs gourmands.

Je soupçonne avec du recul l’effet secondaire des eaux de vie prises en fin de repas, résultat des nombreux fruits distillés par une connaissance familière, qui  favorisait un état souriant général et une éttargie commune.

Les chansons rythmaient la journée, classiques en début de repas pour finir classées x lorsque la vieille prune avait  pris le dessus. Bref le repas dominical avait un air de fête perpétuelle. Les trogues rougies en sont les témoins privilégiés.

La promenade de fin d’après-midi, doux prétexte à la digestion, n’avait lieu que pour permettre au champagne de 18 heures de refroidir tranquillement. Voici venue l’heure des mouillettes ou les boudoirs gorgés comme des éponges se noient dans des coupes remplies à ras bord.

Qu’à cela ne tienne, un dimanche bien commencé doit bien s’achever, on sort les boucles, on refait le monde, les souvenirs de chasse ou de pêche se transforment en épopée, les parties de babyfoot en finale de coupe du monde…on ripaille et c’est bon…. Il est tard les restes ont disparu les fonds de bouteilles sont asséchés, les bâillements se font plus présents, l’heure de la bise à sonner… vivement Dimanche prochain…